- L'attelage sans mors c'est possible
- Prudence avec la jeunesse
- Le raz-de-marée médiatique
- Les reproches adressés aux chuchoteurs
- L'émergence de l'équitation éthologique dans les clubs
- Les championnats de France d'équitation éthologique
- Le mélange des méthodes classique et éthologique
- Différence entre dressage et éducation
- Quelques recettes utiles pour la santé de votre cheval
Atteler sans mors, toujours plus loin dans la relation
Alex, qui n'est pas un de mes stagiaires, nous fait parvenir cette photo de ses deux "Belles Filles" équipées d'une bride sans mors.
Elles sont selon lui bien plus légères à mener qu'auparavant
(bien sûr il y a à la base une éducation sérieuse, ne vous y lancez pas sans préparation)
Il faut savoir qu'Alex ne peut pas se présenter au départ d'une épreuve officielle de TREC attelé sans mors. Il est obligé par le règlement de mettre un mors relié à des guides, même s'il ne les utilise pas, ce qui à mon sens est ridicule.
Je me rappelle avoir vu dans la presse équestre une photo d'une jeune femme qui montait son cheval de c.s.o en licol en corde et qui se heurtait au même problème.
Espérons qu'un jour les règlements suivront l'évolution inéluctable de la relation homme-cheval
Si vous montez votre cheval de cso ou de dressage sans mors ou moyens contraignants, envoyez-moi vite des photos
Prudence avec la jeunesse
De nombreuses personnes me racontent qu'elles mettent leur enfant sur le dos de leur poulain non débourré.
Quelle drôle d'idée de faire courir à un enfant le risque que vous ne prendriez certainement pas vous-même!
J'attire votre attention sur le danger d'une telle pratique: même gentil et familier, le poulain peut avoir une peur extrême et réagir très violemment, non seulement c'est dangereux pour votre enfant, mais cela compromet aussi le futur débourrage car le cheval peut en rester traumatisé.
Le raz-de-marée médiatique
Nombreux sont ceux qui sont aujourd'hui hostiles aux chuchoteurs, la faute en revient aux médias qui ont abreuvé leurs lecteurs d'équitation éthologique jusqu'à plus soif. Jusqu'au point où même moi, qui y consacre ma vie, en suis exaspérée!
Le mot chuchoteur et plus encore l'expression "équitation éthologique" avec la polémique qui s'y attache, déchaînent les passions et sont commercialement porteurs.
Malheureusement sur ce sujet on lit, on voit tout et n'importe quoi, les lecteurs et même les journalistes nagent maintenant en pleine confusion! Nombreux sont ceux qui dans toutes les disciplines équestres prétendent pratiquer une "équitation éthologique"...
A tel point qu'une journaliste a pu écrire (Cheval Pratique N°179):
"Peut-on encore parler d'équitation classique lorsqu'il n'y a pas de contact entre la bouche du cheval et les mains du cavalier?" (fin de la citation)
Effectivement l'équitation éthologique, malgré son appellation "d'équitation" n'est pas une discipline, mais une façon d'éduquer le cheval.
Les reproches adressés aux chuchoteurs
Le principal reproche semble être la mécanisation du cheval par le conditionnement:
Observez donc le couple chuchoteur-cheval:
Dans tous les cas de figure, c'est le cheval qui vous permet de vous faire une idée sur la valeur du travail auquel vous assistez!
Le cheval doit avoir l'air joyeux, épanoui, l'oil brillant: Il participe activement!
Il peut aussi se montrer apaisé et parfaitement relaxé. L'équitation éthologique doit développer l'intelligence du cheval et ses facultés d'apprentissage, c'est une éducation et le cheval doit en ressentir du bien-être.
Si le cheval est terne et éteint c'est du
dressage. Vous avez affaire à une personne qui se contente de mécaniser le cheval en appliquant une méthode standardisée, donc qui fait effectivement du conditionnement. Changez vite de référence
Ce qui est difficile, lorsqu'on travaille régulièrement avec le même cheval, c'est justement de lui proposer toujours de nouvelles façon de faire les exercices afin de maintenir son attention et son plaisir à travailler.
Pour ne pas conditionner son cheval, il faut s'en donner la peine:
l'humain doit travailler pour le bien-être de son cheval et non pour se mettre en valeur, ce qui change complètement la donne.
L'émergence de l'équitation éthologique dans les clubs
Certains aspects de l'équitation éthologique peuvent être utilisés avec profit dans les clubs, la désensibilisation essentiellement, ainsi que les "bonnes manières" de base.
Mais cette approche du cheval ne peut se réduire qu'à ça! Tout ce qui concerne notamment la sensibilisation aux aides ne peut pas être utilisée. De même pour l'influence psychologique de l'humain sur le cheval, qui est l'essence même de l'équitation éthologique: il faut un humain sûr de lui, rassurant, et constant.
Faire quelques "gouzi-gouzi" dans un coin avant la reprise, ça n'a jamais été de l'équitation éthologique.
La majorité des cavaliers viennent dans les clubs pour apprendre à monter à cheval.
Ceci suppose une cavalerie spécialement adaptée, supportant sans souffrir la routine des reprises de débutants, ainsi qu'un enseignant patient, pédagogue, et encourageant.
Le cavalier débutant progresse par la répétition d'exercices destinés à favoriser la mise en selle: cette répétition est incompatible avec la fraîcheur mentale du cheval, et pire encore incompatible avec une cavalerie
dont on aura exacerbé la sensibilisation aux aides.
Lorsque la méthode d'éducation éthologique est appliquée dans son intégralité sur des chevaux, ils ne supportent plus les cavaliers inexpérimentés (brusques ou maladroits) et se révoltent. Des dirigeants de centre équestre commencent à en témoigner.
Il est parfaitement normal qu'un débutant soit maladroit ou ignorant.
Je pense qu'il faut choisir ce que l'on veut faire, apprendre à des humains à acquérir une assiette indépendante (donc développer la communication enseignant-élève...) ou leur apprendre à communiquer avec leur cheval (donc développer la relation humain-cheval): deux spécialités totalement différentes, deux étapes complémentaires dans le cursus du cavalier
Je conseille toujours aux cavaliers débutants de prendre des cours en centre ou en ferme équestre disposant d'un moniteur bon pédagogue ainsi que d'une cavalerie adaptée, douce et tolérante. (Il ne faut pas oublier que de nombreux cavaliers abandonnent après la première année dégoûtés de se faire crier dessus ou de se faire peur...)
Le fait de monter des chevaux différents, dans le cadre sécurisé d'un centre équestre, permet le jour venu d'être parfaitement à l'aise sur le dos de son propre cheval.
Les championnats de France d'équitation éthologique
Cela me semble une aberration: il s'agit de compétition, or comment peut-on faire de la compétition avec du relationnel? L'équitation éthologique n'est pas une discipline, mais une philosophie éducative.
1) Qui jugera les compétiteurs?
- Il n'est pas possible que ce soient les intervenants très connus, ils seraient à la fois juges et parties, sinon en personne du moins au travers de leurs élèves.
- La F.F.E. ? Y a t'il beaucoup d'éthologues (scientifiques) en son sein? Il faut des mois de travail spécialisé pour analyser scientifiquement le comportement d'un seul cheval. Alors pour juger les résultats d'un groupe de compétiteurs... le classement risque d'être long à déterminer...
2) Un des grands principes en équitation éthologique est que seul le cheval détermine le temps qui lui est nécessaire pour faire un exercice.
Un chuchoteur n'entamera jamais un exercice s'il sait qu'il ne disposera pas de tout le temps nécessaire pour aboutir. De plus, il récompensera tout progrès même minime par du repos pour donner du confort à son élève. On est là à l'opposé de "l'esprit compétition"!!! Une compétition nécessite un résultat en un temps donné, or toute notion de temps est incompatible avec l'équitation éthologique.
A moins, encore une fois, que ce championnat ne soit destiné qu'à évaluer le résultat d'un dressage sur un seul cheval...
Ce challenge serait très intéressant si les compétiteurs disposaient d'un cheval neuf tiré au sort dans un lot au comportement aussi homogène que possible, et si l'on jugeait l'attitude de l'animal (niveau de stress, fraîcheur mentale, relation avec son leader humain...) après x heures de mise à disposition, et non pas le résultat proprement dit. Mais un jury d'éthologues (scientifiques) serait difficile à réunir, et les tests nécessaires ne sont pas encore définis.
Ce serait passionnant mais utopique...
Le mélange des méthodes classique et éthologique
Il est toujours bon de chercher à comprendre son cheval afin de mieux communiquer avec lui, mais les cavaliers classiques ne profiteront que partiellement des principes de l'équitation éthologique, car à mon avis certains aspects sont incompatibles:
Le contact avec la bouche:
En équitation éthologique telle que je la conçois, il n'y a pas de contact permanent entre la bouche et la main du cavalier, le cheval se tient dans l'attitude naturelle qui lui convient (il n'est pas là pour mettre en valeur son cavalier!) et il se responsabilise dans le maintien de l'allure et de la direction. On ne demande que par contact ponctuel pour relâcher aussitôt et complètement dès que le cheval accomplit sa tâche.
En équitation classique, le contact avec la bouche, aussi doux soit-il, est permanent. Le cheval est constamment assisté et sous contrôle physique, sa part de responsabilité est réduite à zéro: il est un exécutant et non un partenaire.
L'arrêt:
En classique on demande l'arrêt par une action conjuguée des deux rênes.
En équitation éthologique et sur un cheval débutant, on n'en utilise qu'une: c'est par une action latérale allant jusqu'à ployer l'encolure qu'on obtient le ralentissement ou l'arrêt. Sur un cheval expérimenté la seule attitude corporelle suffit pour obtenir l'arrêt.
Le placer:
En équitation éthologique, on ne demande le placer que sur quelques foulées, le temps d'un exercice. Je considère que cette attitude de parade fait souffrir le cheval lorsqu'elle est maintenue longtemps et que le cheval n'a pas été préparé par une gymnastique et un travail sur l'équilibre élaborés.
L'utilisation des jambes pour l'impulsion:
En équitation éthologique, les jambes demandent puis se détendent, et sont passives la plupart du temps.
En équitation classique, elles sont au contact et actives (comme les mains: l'expression "rendre la main" n'a pas du tout la même signification dans les deux types d'équitation!).
L'utilisation du mors de bride:
A moins d'avoir des mains expertes (rare!) c'est un instrument de torture qui laisse des traces visibles sur le squelette des chevaux qui l'ont supporté durant leur vie. De nombreux cavaliers ne devraient jamais accéder à son utilisation.
Différence entre dressage et éducation
Page 47 du N°179 de Cheval Pratique:
On peut voir Jean Marc Imbert à cru assis face à la croupe de Nikito et qui fait évoluer son cheval au trot (C'est un numéro connu) avec le commentaire suivant:
" Avec un cheval bien dressé, penser le mouvement suffit parfois à ce qu'il l'exécute."
Ce qui me fait bondir, c'est l'adjectif "dressé".
Croyez-vous vraiment qu'il soit ici question de dressage , et non d'une communication subtile entre Jean Marc et Nikito ?
Croyez-vous que si Monsieur Toutlemonde s'assied à l'envers sur Nikito soit disant "si bien dressé" il arrivera au même résultat?
Définitions, source "Petit Larousse":
Dressage: Action d'habituer un animal à faire telle ou telle chose.
Education: Action de développer les facultés morales, physiques et intellectuelles. Son résultat.
Quelques recettes données par mes stagiaires et dont j'ai pu constater l'efficacité
1- Contre les brûlures sur infectées dues au soleil sur la peau rose (ladres), faire une pommade avec:
-150 g de vaseline
- 50 g de soufre en poudre
- 30 g de bétadine jaune
Appliquer une fois par jour. Après guérison il faut un masque ou un écran solaire bien épais.
2- Contre les croûtes dues à la dermite estivale, faire une lotion avec:
- 1000 g de propylène glycol
Appliquer sur les lésions deux fois par jour en faisant bien pénétrer dans les crins. Cela ne supprime pas la cause mais permet que le cheval ne devienne pas complètement "chauve".
3- Contre la gâle de boue:
Achetez en pharmacie du liniment oléo-calcaire et appliquer sur les lésions.
Ce ne sont que des "recettes de Grand-mère", cela ne vous dispense pas de consulter un vétérinaire qui fera un diagnostic précis sur l'affection dont souffre votre cheval.